La chose

imageOn peut l’appeller “la chose – the thing”, fruit d’un travail phénoménal de ces dernières semaines (pour nous, et de ces derniers mois pour ceux qui nous ont précédé); afin d’éditer et réaliser l’ouvrage collectif multilingue “Enjeux de mots” sur les dimensions citoyennes de l’internet. Nous en sortons juste, épuisés, et attendons le bébé-imprimé pour très bientôt. En attendant les news officielles sur le site cfeditions.com qui donnera tous les détails dans les prochains jours, voici déjà quelques données, ne serait-ce que pour le souvenir.

D’abord des chiffres ! 30 auteurs reliés depuis quatre continents, 4 coordinateurs, 12 traductrices, 6 relecteurs, 2 maquettistes pour un ouvrage de 656 pages de 21 x 26 cm et de 1,3 kg intégralement quadrilingue (oui, tout y est lisible en Français, Anglais, Portugais et Espagnol), que nous aurions bien aimé garder encore un peu sous nos claviers, pour le peaufiner, mais qui doit impérativement rejoindre Tunis au début novembre pour le Sommet mondial de la société de l’information (SMSI) et donc partir sous presse. De quoi s’agit-il donc ?

Enjeux de mots, Palabras en juego, Word Matters, Desafios de palavras, est une sorte d’encyclopédie explorant les dimensions politiques et sociales de l’internet, pour aujourd’hui et demain. Les auteurs, du Nord et du Sud, on apporté des contributions à un ensemble de référence et de débat qui permet de cerner ce que sera la société de l’information, avec (ou sans ?) l’implication citoyenne.

“Gouvernance de l’internet, expression citoyenne, femmes, logiciel libre, piraterie, accessibilité, intelligence coopérative, fracture numérique, médias, communautés virtuelles, gestion des savoirs, cybercriminalité”, sont quelques-uns des concepts ici définis et débatus par des auteurs spécialistes, militants du monde entier. C’est vraiment précieux, au vu des enjeux qui se dessinent en ce moment, dont nous reparlerons car il y a urgence à comprendre pourquoi il faut se manifester maintenant sur ce terrain. Et comme nous réservons le débat sur le fond à d’autres lieux et à un autre moment, qui me permettra d’expliquer pourquoi il faut absolument se procurer ce livre :-) je reviens pour l’instant sur nos petits détails, à nous artisans, ici … Côté outils et méthodes, pour ce projet délirant et chronométré, nous avons travaillé avec Sympa sur serveur pour la discussion permanente par liste de diffusion, la collection et le dépôt des éléments (Word et PDF). La préparation s’est faite en partie dans Word (bof) puis dans inDesign. Excel (bah, oui) était là pour essayer de nous aider à nous y retrouver (30 articles, dans 4 langues, chacun étant issu d’une langue source différente, de multiples versions originales et traduites, stades de relecture et de correction, il fallait y retrouver ses petits !). Des tableaux à mise en forme conditionnelle (la couleur change selon le contenu des cellules) permetaient de jauger les manques et l’avancée des travaux en permanence, et éventuellement d’alerter par anticipation sur des retards dangereux côté traduction. Indesign a soutenu la maquette en quatre colonnes sur chaque double page (avec styles et préférences de typo et de césure adaptées à chaque langue). Les algorithmes typo d’indesign sont bons. En revanche la MinionPro s’est avérée une vraie catastrophe (les apostrophes sont piégées ! pas très “pro” ça). Le mode “livre” d’Indesign a été fiable pour gérer les 35 fichiers quadrilingues (un peu lent et surtout bloquant carrément le logiciel – il est temps qu’Adobe réécrive ses applis en multithread avant de se contenter de les revendre annuellement à ses clients sous forme de mise à jour à peine reliftées). Un regret, je ne connais pas assez inDesign encore pour pouvoir préparer le texte via des tags (les xpresstags permettent de baliser un fichier texte sur lequel on peut effectuer des opérations en série via des expressions régulières – il ne reste plus qu’à l’importer et à regarder les styles s’appliquer tous seuls – magique !). Il faut donc que je me documente sur applescript et inDesign.

Beaucoup, beaucoup, d’Acrobat, enfin, à destination des relecteurs, qui émetaient leurs corrections dans le PDF collaborativement (cela a été l’occasion de tester la version 7), puisque chacun n’était compétent que dans une langues -ou deux au mieux. Un point de méthode intéressant, le report des corrections s’est fait en fusionnant les commentaires Acrobat, puis directement à l’écran, plutôt que via une impression papier (après tests, cela s’est avéré plus sûr et plus rapide), en superposant exactement les fenêtre Indesign et Acrobat commenté et en jouant sans cesse du pomme-tab (bonjour les crampes) pour basculer d’une appli à l’autre (il a tout de même fallu investir dans un écran cinéma HD adapté à ces double-pages pour pouvoir faire ainsi). Enfin, impression et relecture-correction finale à la main, à l’ancienne, au calme, en tandem avec Hervé.

Voilà, la tornade est passée, on se repose un peu (mais pas trop, car il faut préparer la promo…) Il a bien fallu s’arrêter, au mieux de ce que nous avions pu faire dans le temps très limité que nous avions eu (six semaines en plus des autres travaux en cours). Il restera dans cette édition des petits problèmes et fôtes (j’en connais déjà, mais il falait bien être pragramatique et la parution de ce livre est un petit miracle) que nous corrigerons avant la première réimpression qui ne tardera pas, tant cet ouvrage attend un succès mérité ;-) Un grand merci en tout cas à Odile Martin-Brault de son aide intensive.