C’est la vie (màj)

imageLe photographe marathonien Gregor Podgorski récidive, cinq ans après la Pietà, avec sa « très grande famille » de modèles. Il y a cinq ans, Gregor réalisait en effet une série de 500 portraits de couples, posant en « Pietà », en écho à Michel-Ange. J’avais alors écrit un long texte accompagnant les images d’un monumental catalogue. Un texte qui abusait un peu de son statut de « texte de catalogue » soit de texte-meuble, de texte-que-l’on-ne-lit-pas, pour écrire franchement de travers. Un texte en crabe qui fouillait dans les décombres du vaste fantasme populaire de patrimoine.

Cette fois-ci, ils reviennent, le photographe et ses modèles, pour des portraits-tribunes « à nu », en solo ou en famille, en noir et blanc, accompagnés de petits textes « à nu » également, relatant leurs joies, leurs peines, et tout ce qui en cinq ans a pu faire ce qu’on appelle la « vie » (pour ceux qui ont survécu). Du coup, ils n’avaient plus besoin d’une autre plume, puisqu’ils et elles l’ont prise. Juste une petite postface, que l’on peut lire plus bas, ou dans le catalogue qui va sortir, ou encore sur le mur de la galerie Daragnès, 11 rue Gît-le-Coeur, dans le 6e à Paris, pendant l’exposition du 15 décembre au 30 avril. Attention, l’exposition évolue avec quatre accrochages successifs dans cette période. C’est normal, puisque c’est la vie. Comme pour le précédent, mais d’une autre manière, la force qui se dégage de ce travail est phénoménale, c’est celle d’une population, tout simplement, dont le photographe sait capter l’énergie (avec un titre pareil, le contraire aurait été dommage !).

Et puis bah, c’est pas si mal une postface ! Mieux qu’une préface je trouve, surtout quand on aime avoir le mot de la fin :-) Alors allez voir l’expo avant de lire la postface (en pdf – il y a une petite raison à cela).

[màJ] Et pour ceux qui n’arrivent décidément plus à bouger de chez eux, il y a une petite (!) galerie ici sur photographie.com.

[màJ2] Et Gregor a ouvert un site assez complet, avec l’aide de Bruno Penet : http://www.gregor-podgorski.com.

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Perturbations

Petite zone de turbulences pendant la mise à jour du logiciel de Polylogue. Il risque d’y avoir quelques erreurs, et pas mal de franglais dans les messages et les affichages, le temps de traduire :-) Désolé. [MàJ] ça se passe plutôt bien, malgré l’ampleur de la mise à jour, quelques petits bugs seulement à réparer.

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Pour mémoire (Google, la vengeance)

imagePour mémoire, le web évolue tellement vite que la fiction d’anticipation doit se mettre à jour !

Ainsi après l’an 2014 où nous projetait le petit film flash remarquable de Robin Sloan and Matt Thompson, que l’on retrouve dans sa version originale ici, Epic 2015 en propose une mise à jour. Toujours plus angoissant, presque aussi élégant, mais encore un peu plus proche de nous.

Pour ceux qui depuis Soleil Vert de Richard Fleischer (1973) aiment sentir passer le frisson de l’anticipation, Google 2015, certes réalisé avec de plus petits moyens, se regarde ici : http://blog.outer-court.com/videos/epic-2015.html. Il explore de nouveaux thèmes, centrés sur l’émission de données personnelles et quasi corporelles, dont justement nous parlions il y a deux semaines : réseaux sociaux, podcast, GPS et informatique nomade démultiplient la matière première informationnelle. Voir l’article Polylogue Personnel & non confidentiel sur l’évolution 2.0 du web et son impact sur les données de la personnelles. Voir l’article Pour mémoire d’origine.

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Livre,

imagePeut-être que vous aimez les images (de livres) qui apparaissent aléatoirement et très déformées en haut de cette page… Elles m’ont valu le plaisir et l’honneur d’être associé au prochain livre de Michel Melot. Une quarantaine d’entre-elles, dont beaucoup d’inédites ici, illustreront cet ouvrage préfacé par Régis Debray, édité par L’œil Neuf de Jean-Claude Béhar et mis en page par Patricia Chapuis. On le préparait depuis un moment, et on peut maintenant en parler !

« Livre, » de Michel Melot est une approche dense, personnelle, érudite, talentueuse et très originale de l’objet du même nom, dans ses dimensions matérielles, historiques, sociales, imaginaires, fantasmatiques. Un texte que seul Michel Melot pouvait concocter, avec un grand savoir, des sources originales, un regard pointu, de l’humour et du recul. Je suis vraiment heureux qu’il ait choisi de mêler mes images à son propos, sans craindre les plus dures ou les plus érotiques d’entre elles.

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« Livre, » sort en février, avec également une exposition (on en reparlera :-) D’ici là quelques détails et images ci-dessous, extraits du dossier de presse, que ce site est certainement le premier à publier. Je proposerai aussi une petite galerie d’images extraites du livre. De Michel Melot, préfacé par Régis Debray et accompagné de 40 photographies en couleurs de Nicolas Taffin, « Livre » est le premier titre de la collection « L’âme des choses ». ISBN : 2-915543-10-0, 220 pages, format: 18 x26, il paraît en février 2006 au prix de 29 €.

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La 4e de couverture

Quel est donc le miracle de cet objet, né il y a plus de deux millénaires, éminemment moderne par sa forme cubique, mathématique, industriel bien avant l’heure, qui a triomphé du rouleau pour devenir la « brique élémentaire » de la pensée occidentale ? Contrairement au savoir numérique, le livre, né du pli, se referme sur lui-même, solidaire de son message. Son espace est conçu pour produire une autorité, voire une transcendance. Il confère à son contenu la forme d’une vérité et en donne crédit à l’auteur. Pour comprendre le pouvoir phénoménal de cette construction, Michel Melot en a sondé la topographie, l’architecture. Il est descendu dans son anatomie profonde, dans ses plis et ses coutures, dans ses fibres physiques et symboliques. Il a interrogé ses rapports étranges aux trois religions dites « du Livre », au profane, au commerce, au politique, à la liberté de penser, de rêver, de désirer. « Le livre, conclut Michel Melot, est un marqueur de la condition humaine. Comme nous, il est complet quand il est seul, et incomplet devant les autres. D’autres livres, d’autres vies, s’ouvrent chaque jour quand le vôtre se ferme. La force du livre, c’est qu’il nous survit et qu’il a, comme notre vie, une fin. Le lecteur doit s’y plier. J’ai écrit ce que je voulais écrire. Que vous m’ayez suivi ou non, ce livre est fini. Mais vous n’en avez pas fini avec le livre. »

Michel Melot est né en 1943 à Blois. Après avoir été directeur du département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale, puis directeur de la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou, Michel Melot a été Président du conseil supérieur des bibliothèques. Il est l’auteur de « Sagesse du bibliothécaire », L’œil neuf éditions, 2004.

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Le sommaire

Livre 1. Et le Verbe se fit Livre… Le pouvoir de la forme – Quatre siècles pour s’imposer – Païen ou Chrétien ?- « Il replia le livre » – Le modèle d’une église virtuelle – « Ce qui réside entre deux couvertures » – Le corpus de Dieu – La guerre des canons – Livre du culte ou culte du Livre ?- L’écriture et son support- L’éditeur, l’auteur, le livre : une nouvelle Trinité.

Ainsi pense le pli La forme transcende le fond – Une rhétorique matérielle – Fleur contre fleur, chair contre chair- La troisième dimension – La dialectique du pli – Fermer, ouvrir- Les plis du temps – Couverture – L’étrange promesse.

L’adieu au verbe Gothique brisure – Taisons nous – Silence, intimité, liberté – Articuler les silences – Portable et navigable – Oser manipuler- La matière et ses tables – Le scandale de l’ordre alphabétique – L’écriture redevient image

Livre 2. La quadrature L’empire du cadre – Paradoxes d’une invention – Le taylorisme avant la mécanique – La norme contre le sens – L’esprit de la lettre – La guerre des écritures- Paysage après la bataille

Prophètes et marchands L’abondance, au risque du sacré- Le livre des livres : la bibliothèque- Fixation, stabilisation, reproduction – Dieu, les auteurs, les affaires – Grandeurs et misères de l’auteur- La vedette – Littérature à vapeur – La valeur de l’exemplaire – La singularité du livre

Au pays de la page Les mots enracinés- La maison d’écrivain – La page engendre l’histoire- Un art du voyage – Le livre-édifice -Livre-ville, ville-livre – Le temps d’une ligne, l’espace d’une page – La résistance de l’image….- …asservie par le livre…- …piégée par l’histoire.

Livre 3. L’amour, la haine La Nef des fous – La haine – Le sage n’écrit pas – Addiction et abstinence – De la Bible au bibelot- L’enfer des bibliophiles -L’industrie de la rareté – Livre et ‘création’- Métamorphose

Voir sans lire, lire sans voir Le ciel ou la page – Vérité et Vanité- Clair-obscur avant la tempête – Sous les plis du manteau – Le livre médecin – La crainte- Lecteurs illettrés- Le livre absolu

La chair et la fin De la bouche à la page – Miroir, miroir…- Plus petit, plus intime – Le sexe – Le dérangement de la Vierge – Chacun son livre, chacun sa fin.

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Sarkonogoud

imageUne blague de Google ? Aujourd’hui, une recherche des termes « Nicolas Sarkozy » sur Google donne le résultat suivant (pour voir une photo de la page si elle change, cliquer sur la vignette ci contre). Nan, ce n’est pas une blague. Outre le lien publicitaire pour l’UMP à droite, qui apparaît également pour des recherches de termes comme banlieue et violence, le premier lien de la liste est plutôt évocateur. Il y a une explication : la réaction des internautes à l’opération de spamming de l’ump (explications). C’est mignon, Arturo Ui aurait aussi pu figurer dans la page, mais bon, pendant que les banlieues flambent, pour avoir de l’infomation, vraiment, on peut écouter Daniel Mermet tous les jours sur France inter à 17 heures ou en différé sur le site web de France inter.