CSS 3, là-tout-de-suite-maintenant !

image La simplicité d’écriture et les possibilités de CSS sont vraiment appréciables et on peut mesurer cette année le tournant que cela représente pour le web. L’adoption de CSS est faite, grâce aux blogs et à quelques bons auteurs, reste la vulgarisation, qui est en cours. Enfin les navigateurs respectant les standards s’affirment, avec de vraies possibilités de séparation du contenu et de la forme et surtout un contrôle sympathique de la typographie et des blancs. Mais les navigateurs ont un retard vraiment important, qui se remarque cruellement aujourd’hui. Comment faire pour anticiper quand on est très très impatient ? On en parle ici… J’ai eu la semaine passée l’occasion de creuser vraiment et de mettre en oeuvre les propriétés CSS destinées aux « médias paginés », soit le papier. CSS1 est bien toléré par les navigateurs, les dessins de page sans tableaux sont tout à fait possibles à condition de faire quelques contorsions bien connues pour IE (je les pratique, même si ce site n’a pas été conçu avec, si j’ai le temps je le réécrirai :-). CSS2 presque implémenté et CSS3 (nécessaire) n’est pas encore affichable. Or les propriétés pour les médias paginés prennent vraiment de l’ampleur avec CSS3. Comment faire pour anticiper quand on est très très impatient ?

De vraies pages

D’abord, il y a les propriétés liées au papier et donc à la page comme page-break permettent de contrôler en les autorisant ou les interdisant les sauts de pages. Les « règles-at » (comme @page @top @bottom) avec la propriété « content » font des miracles pour les en-tête et pied de page, avec même la possibilité d’insérer des numérotations assez élaborées, des titres courants et des contenus variables. De même les pages peuvent avoir des modèles différenciés (tout est ici au W3C. Problème : aucun navigateur, pas même firefox, n’interprète correctement ces instructions. Heureusement, pour les médias paginés il y a le logiciel à a ligne de commande Prince, qui génère un pdf conforme à CSS3 (attention, il ne le fait que si la page est rédigée en xhtml strict!).

Bref, il ne manque « plus » pour faire notre bonheur de metteurs en page et en écran lassés des mauvais outils édités par Adobe que le vrai multicolonnage, la césure et justification et une rotation par degrés pour composer des documents multi-supports vraiment simplement. En attendant on bricole encore sur ces points. Mais ça se précise. On peut donc envisager d’attaquer CSS3.

C’est une question de navigateurs plutôt que de recommandation, ceux-ci sont vraiment à la traine. Une première adresse pour tester une page sous tous les navigateurs et IE puis la modifier le cas échéant sans avoir à donner d’argent à Microsoft : Browsershots.

Ici, on trouve aussi une librairie javascript qui permet d’anticiper en utilisant les propriétés de CSS3 associées au multicolonage. C’est impressionnant et si on hésite à le mettre en place si tôt, peut-être que le fait que le Herald Tribune l’ait mis en place sera encourageant ! (sur ce site, sélectionner un article pour voir la composition multicolonnée).

Bref, de quoi ne pas trop s’impatienter et expérimenter…

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écrire à voix haute

image Vite vite vite! il ne reste que ce dimanche pour voir l’expo écrire à voix haute à la Ferme du Buisson à Noisiel. Arrêtez de lire et prenez le RER pour Noisiel.

Les installations de David Poullard, Antoine Denize, Pierre Di Sciullo, installations typographiques multimédia (très sonores :-) et interactives, sont vraiment intéressantes, j’ai un film mais il est moins bien que ceux de Frédérique Arbouet que l’on peut voir sur le site de Pierre Di Sciullo.

Comme c’est un site en flash, c’est emmerdant, on ne peut pas faire de lien, donc il faut faire : http://www.quiresiste.com puis cliquer sur le gros « quoi », sur la rubrique « Là » puis sur « écrire à voix haute » dans la colonne de droite. Voilà. Ça vaut la peine.

Mais le mieux avant ce soir, ben c’est d’y aller, c’est à 20 minutes de nation par le RER A.

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Playt(y)me

image Pendant que votre voisin de plage fait ses mots fléchés, et pour ne pas bronzer idiot que lui (s’il y a un hotspot wifi sur votre lieu de vacances – et y’a des chances) voici quelques liens typo- vraiment ludiques, certains sont anciens (un gros merci à AEIOU qui est une source quasi inépuisable) Bref, pour jouer on clique ici. Si vous avez d’autres références dans ces catégories, je mettrai cette page à jour, car j’en ai moi même pas mal, mais si mal classées que je ne les retrouve pas toutes !

image picturotypos

http://www.robotype.net/ est un site qui permet de jouer avec les caractères pour composer des images ou (pourquoi pas hé) du texte, mais à la main. Il y a une galerie. Un peu moins typographique dans la manière, http://storyabout.net/typedrawing/ transforme le texte de votre choix en encre, une encre à dessiner, résultat spectaculaire en noir sur feuille blanche.

image controversotypes

Arial versus Helvetica : on fait vraiment moins le malin après avoir essuyé ce quizz. On peut aussi choisir la version moins intello de l’affrontement typographique avec cette version kung-fu de l’affaire.

typoétiques

Il nous promettait de nouvelles images animées pour février 2005 mais elles n’y sont pas encore (c’est rassurant de voir que les autres aussi ils sont en retard). C’est Joël Guenoun http://www.joelguenoun.com .

image Magnifique : For all Seasons d’Andreas Müller. Un programme à installer sur son poste, quatre textes-saisons animés en trois dimensions dans lesquels on plonge et avec lesquels on interagit. Juste beau. Versions mac et PC en plus. Ce soir le site est en rade, j’espère qu’il reviendra demain. http://www.hahakid.net/forallseasons/forallseasons.html

imageSecret : http://alphabet.tmema.org permet depuis quelques années déjà de dessiner un alphabet (relativement contrôlable mais presque toujours illisible). Ce qui est beau, c’est qu’une fois terminé, on peut le télécharger et l’installer sur sa machine pour l’utiliser en vrai – pour écrire des mots secrets à l’élu(e) de son cœur par exemple :-)

Lecture

Enfin, pour lire (rire ?) un peu, le bestseller incontesté de l’été, vraiment spécial plage, est sans aucun doute le dernier Roger Pédauque, ce chercheur virtuel dont le premier texte sur le document électronique était remarquable et dont l’agenda est accessible ici.

J’oubliais, l’image du haut étant de Saul Bass, rapportez donc de vacances la typo Hitchcock d’après son lettrage. Très tendance.

Allez, bonnes vacances !

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Cité des lettres

imageUne des suites de l’appel garamonpatrimoine, en parallèle de la pétition qui a été déposée à l’Élysée – (apparté) une pétition qui est vraiment très très chic : il faut télécharger le pdf qui sera un must-absolu-collector, même si c’est moins bien que l’ouvrage au format A3 original et unique qui a été fabriqué pour le Président – une suite donc est la réalisation d’un projet vivant pour ce patrimoine typographique. Un lieu pour la conservation, la recherche, la production, la formation typographique. Le cité (conservatoire de l’imprimerie, de la typographie et de l’écrit) nous plonge en plein militantisme typo.

Cette utopique (un mot qui n’est pas forcément péjoratif, relisons nos utopistes de Thomas More à Campanella et Fourier) cité du soleil typographique est le projet du collectif garamonpatrimoine. Le projet en pdf. Il faut absolument prendre un moment cet été pour lire ce projet où le savoir et la pratique, le passé, le présent et l’avenir sont réunis. Le site expose également le projet d’Éric de Chazournes de l’imprimerie nationale, ainsi que des reportages photographiques. Signez, enfin, si vous ne l’avez déjà fait.

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Verdana killers

imageTandis que Matthew Carter (ici en photo à Lurs en 2002) et son Verdana sont nominés pour le prix du design britannique qui a marqué les vingt dernières années (!) par le concours new designer 05 (il ne semble pas parti pour gagner, mais il est amusant de voir que Tim Berners-Lee est également nominé pour rien de moins que le World Wide Web !) ; on apprend que Microsoft offrira avec son prochain système un nouveau lot de polices très orienté vers la lecture à l’écran.

Ce lot de Verdana « killers » constitue-t-il une nouvelle heureuse initiative ? Comme le fut celle de la commande par Microsoft du Verdana à Matthew Carter (qui émancipa tout le monde du Times et de l’Arial) ? Pas si sûr, car le contexte a vraiment changé quand chacun se réjouit de voir Firefox enlever des parts de marché à Internet Explorer y compris sous Windows, que les macintosh ne sont plus livrés avec Internet Explorer de Microsoft et que la communauté des utilisateurs de Linux se consolide. Les typographes, hommes et femmes de commande, ne devraient-ils pas plutôt s’attacher à doter la fondation Mozilla ou le W3C, c’est à dire tout le monde, sur tous les continents, d’un set complet de polices écran universelles et de qualité ? (…) Cela ressemble bien plutôt à une offensive pour renforcer, via ClearType, le monopole de la Maison bleue. Influencer les webdesigners et éditeurs électroniques pour qu’ils spécifient dans leurs publications l’usage d’une police certes réussie mais absolument orientée vers Windows peut se révéler dangereux. Car Verdana était distribué gratuitement à TOUS (y compris Linux-users). Nous avions invité Matthew Carter à Lure pour en parler. Mais depuis, cette Verdana-là est morte.

Car c’est semble-t-il aujourd’hui la seconde phase d’un plan de réaction qui a commencé quand Microsoft a retiré Verdana et Georgia du téléchargement gratuit. Ils le firent quand ils réalisèrent que les utilisateurs de Mac n’utilisaient plus ie et que les utilisateurs de Linux avaient adapté Verdana et Georgia à leur plate forme. Bref, sans doute une tentative de « couper » du web – de rendre moins compatibles – les solutions alternatives. En ce sens le cahier des charges est tout à fait différent. Verdana dotait le web d’un nécessaire regain de lisibilité pour tous, Calibri, Cambria, Candara, Constantia, etc. vont plutôt (si elles ont du succès auprès des designers) diviser le monde documentaire en deux.

Microsoft se rapproche ainsi d’une communauté de designers. Mais la nouvelle génération n’a pas signé le même contrat que l’ancienne, ou du moins ce dernier n’aura pas le même impact (il sagit de Lucas de Groot, John Hudson, Jelle Bosma, Gary Munch, Jeremy Tankard et Eiichi Kono). Il faut toujours faire attention aux intentions réelles de son commanditaire. Évidemment, la qualité des typographies n’est pas ici en question.

Alors, chers typographes, hommes et femmes de commande, quand est-ce que vous dotterez la fondation Mozilla ou le W3C d’un set complet de polices écran universelles et de qualité ? Trop de travail ? Pourtant les développeurs de Linux (système), Mozilla (browser), OpenOffice (suite bureautique), Scribus et Latex (PAO), Gimp (image), etc. travaillent aussi vraiment dur et sont en passe de livrer un environnemment complet, opérationnel, et ouvert auquel il ne manquera… que la lisibilité et la qualité typographique ! On peut dire qu’il est toujours facile de donner des leçons, mais pourquoi ne pas plutôt prendre le temps de mesurer les enjeux et de réfléchir aux moyens (y compris financiers) de réaliser un vrai projet coordonné (car il ne s’agit pas de la simple question de la gratuité – les polices gratuites existent déjà – ni d’une approche individuelle) ?

Des liens http://www.typographe.com/article/398/futures-incontournables http://www.poynter.org/column.asp?id=47&aid=78683 http://www.microsoft.com/typography/links/news.aspx?NID=4916 http://www.microsoft.com/resources/design/ClearType.html

images + un extrait du « cahier des charges »
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