Note marginale

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Écolier, au lieu d’écouter les maîtres, je remplissais les marges de mes cahiers à ma manière (dessins, griffonages, petites mots). J’ai appris à aimer cet espace parallèle, cette bande de liberté réservée. Ce no man’s land. Et ça continue. Cet été en tout cas, puisque c’est le cœur du sujet des Rencontres de Lure du 21 au 27 août.

« À la marge, ce qui est écrit à côté du texte, ou bien ce qui ne compte pas.
À la marge, celui qui alimente la machine à imprimer,
ou bien celui qui a fait un pas de côté, s’éloignant de la masse.
À la marge celui qui dessine au lieu de noter, celui qu’on finit par repousser,
ou celui qui donnera le sens des choses, plus tard.
Car c’est à la marge, qu’on trouve ce qui structure ce qui relie.
Ce qui déconstruit, ce qui explore. À la marge, le fond perdu.
Typographes, designers, artistes contemporains,
créateurs des médias numériques, auteurs et analystes
griffonnent leurs mots et leurs images, et refont le monde
aux Rencontres internationales de Lure du 21 au 27 août 2011″

On en apprend plus et on s’inscrit sur http://delure.org (avec une remise de 20% jusqu’au 14 juillet). Mais voilà déjà un peu comment ça se présente bien… On bosse dur pour ça ;-) – Titres provisoires.

  • Coup de bleu Promenade des évêques
  • Nicolas Taffin Présentation de la semaine
  • Mark Webster Processing@lure en images
  • Boule & Bal Le fameux gala de clôture
  • Frank Adebiaye VTF Le bénéfice du doute
  • Nawal Bakouri Conduire le regard
  • Claire Bardainne Récréations
  • Albert Boton Intégrale Boton
  • Yulia Brodskaya Dans les petits papiers
  • Alexia De Visscher Les plus beaux livres belges
  • Alexandre Dimos et Gaël Étienne 42 Belles feuilles
  • Damien Gautier Surveille tes marges
  • Lucille Guigon Garafond/bond/gond
  • Tom Henni Délivres
  • Evelyne Mary – Didier Mazellier Heureux les Cailloux Mon truc en plomb
  • Annick Lantenois Le vertige du funambule
  • Laurent Lemire Fous savants
  • Michel Melot La légende des images
  • Henri Merou Dans mes cahiers
  • Philippe Millot Pourquoi pas ?
  • Françoise Neveu Trois mots
  • David Rault Yves Perrousseaux tourne une page
  • Morgane Rebulard Polyglote
  • Étienne Robial Interviouve marginale baille Susanna Shannon
  • Camille Scherrer Sillons fertiles
  • Christian Schwartz type point com
  • Susanna Shannon Interviouve marginale de Étienne Robial
  • Susanna Stammbach Apprendre à voir
  • Éric Tabuchi Les marges invisibles
  • Jacques Thomas La graphique de Monsieur B.
  • Niklaus Troxler Affisuisse
  • Laurent Vannini Aux sources de l’utopie numérique
  • Vernissage Expo Prix Fernand Baudin
  • François Weil Une question d’échelle
  • Sam Winston A space between words
  • Jean-Philippe Zappa Culture papier
  • Coup de blues Le bilan de la semaine


Tout et plus ici : http://delure.org

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images : Merci Adeline Goyet et Jacques Thomas.

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Yves Perrousseaux n’est plus

Vendredi 20 mai 2011

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Photographié par Michel Balmont en 2009.

Il nous avait pourtant préparés, lui qui parlait sans pudeur de cette maladie qui le rongeait depuis des années : nous en savions les rémissions, les résurgences. Il n’en minimisait pas la gravité, non, comme si vraiment il nous amenait doucement à accepter ce qui devait arriver, tout en continuant, au présent, à travailler. Nous le retrouvions ainsi, en même temps qu’il nous retrouvait, de saison en saison. Car il n’en manquait pas une, de saison, passionné qu’il était par les Rencontres de Lure, et chaque été il était là pour une semaine entière, même très fatigué.

Yves Perrousseaux a relaté admirablement, par exemple en introduction à son Histoire de l’Écriture Typographique, ce qu’il estimait être sa «dette» envers les Rencontres de Lure. Lui, modeste «imprimeur», curieux de tout, comme adopté par ces géants qu’il voyait à Lurs. Éponge qui s’y imprègne de leur connaissance, de leur exigence. Tant d’amitiés, si productives. Et puis un jour, le désir de restituer tout cela. Comment ? Un vaste projet à organiser : édition, recherche, entretiens, écriture, conférences. À nous de souligner aujourd’hui la manière unique dont il s’est acquitté de ce qu’il décrivait comme sa «dette», qui ne fut en fait qu’un formidable échange.

Petit éditeur des grands : Gérard Blanchard, Adrian Frutiger, Ladislas Mandel, François Richaudeau… Il leur a donné la parole au fil des volumes, contribuant à redonner une place éditoriale à la culture de la lettre. Puis à son tour il a commencé à écrire. D’abord modestement, en se cantonnant au champ de la technique, puis enfin dans ce projet plus ample d’une histoire de la typographie. Une histoire bien particulière tant l’écriture d’Yves Perrousseaux a la qualité d’être accessible à tous. Se souvenant sans doute de sa propre trajectoire autodidacte, de son adoption par les gens de Lure, il a toujours tenu à amener chacun à découvrir ce qu’il pensait, à juste titre, être un champ magnifique et méconnu d’art et de connaissance : la typographie.

Il est ainsi devenu acteur de cette connaissance. Yves avait le privilège (très rare) d’intervenir chaque année lors de la semaine d’été des Rencontres. Certes, parce qu’il avait toujours des choses à proposer, à dire et à montrer, mais aussi parce que nous savions la chance que nous avions d’avoir a nos cotés une mémoire aussi vive et passionnée qu’amicale.

Sur l’estrade, il n’était pas toujours à l’aise, peut-être impressionné par l’écho du passé à la « Chancellerie ». Mais sitôt la pause survenue, il redevenait jovial et intarissable, n’hésitant pas à ouvrir sa serviette de documents pendant un repas, à discuter avec tous, et particulièrement les étudiants, assumant ce qu’il pensait être le rôle indispensable de relais entre les générations. Alors nous l’encouragions à rester ainsi : à prendre la même parole comme orateur que comme camarade.

Les Rencontres auront bientôt soixante ans, elles déplorent donc de nombreuses et grandes pertes ces dernières années. Mais elles se sont aussi formidablement renouvelées dans leur histoire. C’est plus vrai que jamais et nous savons que l’exigence d’Yves pour s’ouvrir aux autres n’est pas vaine et assure l’avenir de cette magnifique et universelle «discipline de l’Esprit» qu’est la typographie. Le travail d’Yves continue, grâce au relais qu’a pris David Rault.

Une biographie par David Rault, Une autre par Jean-François Porchez Un témoignage de Frank Adebiaye

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Libres savoirs, ici et maintenant !

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Le nouveau livre de C&F éditions : Libres Savoirs, les biens communs de la connaissance, vient d’arriver. Encore un gros collectif (30 auteurs de 4 continents), bien engagé et précis pour la défense des biens communs, domaine public universel, attaqué et grignotté de toutes parts. …Et ça sent bon l’encre :-)

Libres Savoirs constitue le premier tour d’horizon complet en langue française dans ce domaine. La théorie des biens communs a obtenu une première reconnaissance avec le prix Nobel de Elinor Ostrom en 2009. Son travail portait principalement sur les biens communs locaux et gérés par des communautés de taille restreinte. Les communs de la connaissance portent au-delà sur de larges communautés, et ont des impacts globaux.

La 4e de couve

Produire collectivement, partager et diffuser les connaissances au XXIe siècle.

La connaissance est un moteur de l’économie et de l’organisation sociale. Aujourd’hui numérisée, elle circule, se diffuse et se partage aisément, permettant la coopération de communautés et la création de nouvelles connaissances. Cette émergence dynamique et collective de nouveaux biens communs vient à son tour bousculer et renouveler la pensée économique et politique. Les biens communs de la connaissance constituent ainsi une utopie pragmatique qui propose des voies nouvelles pour aborder les défis du XXIe siècle.

Pour Libres Savoirs, l’association Vecam a coordonné trente auteurs, venant de tous les continents, afin offrir un regard mondial sur les biens communs de la connaissance. La diversité des sujets traités, de la santé aux ressources éducatives libres, des logiciels aux publications scientifiques, des semences aux questions juridiques sont le reflet de la vitalité de la production mondiale des communs du savoir et de l’énergie des communautés qui s’y sont engagées.

Vecam est une association qui oeuvre à donner aux citoyens les moyens de s’interroger, comprendre, débattre et s’approprier les transformations liées aux interactions de la société et des technologies. Au-delà de la maîtrise technique des outils numériques, c’est au décryptage politique et social que l’association tente de contribuer.

ISBN 978-2-915825-06-0 / 352 pages imprimées en France, 29 euros en vente ici : http://cfeditions.com/libresSavoirs/ et en librairies.

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la typo vous démange ?

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Si la typo (et le graphisme) vous démangent, les puces typo devraient vous soulager.

Une journée festive, le 7 mai prochain, organisée par Les Rencontres internationales de Lure et la Fonderie de l’image à Bagnolet (vraiment pas loin du métro). Les puces typo sont conçues pour vous permettre de découvrir des créateurs de caractères indépendants, des graphistes, des objets, des livres… pour faire de bonnes affaires, pour vous amuser. Tombola, gros concert et snack-bar sont au programme, à côté des petits stands et mini conf’ – projections. À cette occasion sera aussi présentée la semaine d’été 2011 des Rencontres de lure : « à la Marge ».

Mais le mieux, c’est que vous pouvez participer et exposer : Dans ce cas, l’inscription se passe par ici dans la limite des places disponibles.

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