Trousse à outils graphiques libres [màj]

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C’est la rentrée : on taille ses crayons ;-) Pour faire sa trousse à outils libre de graphiste, cette page est une liste de raccourcis. Elle est destinée à nous faciliter la vie et les téléchargements / installations des logiciels libres destinés aux graphistes. Quelques gros outils importants et un peu de documentation, regroupés ici. Nous à l’atelier, on en a marre de ne plus pouvoir se passer un fichier, quand un poste est enregistré en CS5 et l’autre en CS5.5. On en a marre de devoir payer tous les ans des mises à jour qui ne corrigent pas grand chose. On regrette aussi de ne plus pouvoir ouvrir des fichiers réalisés il y a quelques années. Et au moment où Adobe aura mensualisé sa perception de sa taxe sur le graphisme, c’est à dire en 2012, eh, ben on espère qu’on n’en sera pas. Attention, ce n’est pas la gratuité qui nous motive dans le libre, prêts à payer. Mais plutôt la pérennité, et l’interopérabilité. Ces outils libres ne semblent pas toujours toujours à la pointe, pourtant, c’est plus compliqué : souvent moins avancés en termes d’interface, ou lacunaires en fonctionnalités, ils sont aussi parfois très avancés sur les formats de fichiers, la scriptabilité et d’autres points. EN fait il faut s’y former. Mais pourquoi donc n’est-ce-pas déjà fait messieursmesdames les enseignants graphiques ? Leurs défauts devraient avoir déjà été améliorés dans vos écoles. C’est ce qui se fait partout, et c’est l’essence du libre. Vous ne pouvez donc leur reprocher ces petits défauts qui ne devraient plus être là. De votre fait, de notre fait. Si j’avais perdu leur temps à leur enseigner le webdesign « Dreamweaver », comme me le demandait l’école dans les années 2000, mes étudiants seraient bien avancés aujourd’hui :-) Au lieu de celà je les ai mis devant un éditeur de code, css et xml-xhtml au programme (leurs savoirs sont relativement pérennes et universels… ils m’en ont témoigné). Ces choix de format et d’outil sont fondamentaux. C’est une question écologique.

Qu’est-ce qu’une licence libre ? AFUL | Creative Commons France | Art libre

Bureautique Libre Office, bureautique à l’ancienne façon word, excel et powerpoint. http://fr.libreoffice.org/home/

Prod. graphique Gimp : retouche de photographie, ou l’édition d’image pixel sans Photoshop. http://www.gimp.org/macintosh/

Separate+ (le CMJN pour Gimp) Il faut le compiler, c’est un rien galère. http://cue.yellowmagic.info/softwares/separate-plus/index.html

Inkscape : ou le dessin vectoriel sans Illustrator http://inkscape.org/?lang=fr

Inkscape: un manuel récent et bien fait en français http://fr.flossmanuals.net/Inkscape/

Scribus : logiciel de mise en page wysiwyg : VERSION 1.4 MINIMUM ! http://www.scribus.net/canvas/Scribus

Scribus : manuel en français, pdf téléchargeable http://fr.flossmanuals.net/Scribus

LateX : mise en page avancée, par commandes http://www.tug.org/mactex/

Édition de fichiers PDF http://www.framasoft.net/rubrique392.html

Typographie Font-forgen éditeur de fontes http://fontforge.sourceforge.net/

Font Matrix, gestionnaire de polices http://fontmatrix.net/

Bibliothèques typographiques Une fonte, on la choisit pour son dessin, mais c’est un logiciel, qui est doté d’une licence. Pas de problème à priori, il faut juste le savoir et la lire un peu pour savoir si cette licence convient à nos besoins, particulièrement dans la sphère commerciale. Par exemple : puis-je réaliser mon site internet ou mon ebook (ePub) avec cette fonte ? Rien de moins évident. Puis-je la céder à un tiers ?Pas sûr… En cas de besoin face à une licence commerciale obsolète ou trop contraignante, voici donc quelques typothèques plus avancées sur les usages numériques et la liberté des utilisateurs.

Open Font Library, annuaire du libre http://openfontlibrary.org/

Google Fonts http://www.google.com/webfonts

Font Squirel http://www.fontsquirrel.com/

Velvetyne http://velvetyne.fr/

Fengardo de Loïc Sander http://www.akalollip.com/blog/?p=1935

MyFonts ne répertorie pas à ma connaissance les polices par licence, ce qui est bien dommageable pour eux. Il y a aussi toutes les typothèques commerciales, déjà listées ici.

Web et dev Firefox et Thunderbird http://www.mozilla.org/fr/thunderbird/ http://www.mozilla-europe.org/fr/

Firebug https://addons.mozilla.org/fr/firefox/addon/firebug/

Web developer toolbar https://addons.mozilla.org/fr/firefox/addon/web-developer/

Éditeur de code AARGGG ! non ça je peux pas, je ne peux pas quitter BBEdit : impossible. désolé. non. bon en même temps les fichiers générés par BBEdit sont tous dans un format standard éditable par d’autres outils, alors…

Autres 3D Blender, intégré complet pour 3D http://www.blender.org/

Digikam, catalogueur d’images http://www.digikam.org/

Processing Processing: Logiciel de graphisme génératif en java très bien documenté http://processing.org/

Processing.js variante javascript pour les sites internet http://processingjs.org/

Processing : manuel en français, pdf téléchargeable http://fr.flossmanuals.net/Processing/Introduction

Processing: des ateliers avec FAB :-) http://freeartbureau.org/

Système On n’est pas obligé de faire « tout libre ». On peut déjà installer un, deux logiciels, tester… On peut aussi se faire une « bulle libre » en installant un double boot avec système libre ou virtualiser un linux dans son mac. Tout est possible.

Ubuntu, et pourquoi pas un linux pour changer du mac ? http://ubuntu-fr.org/

Fedora Design Suite, une distribution spéciale pour les graphistes http://spins.fedoraproject.org/design/#home

virtual Box pour faire tourner linux simplement sur mac http://www.virtualbox.org/

Informations Libre Graphics, rencontres au québec http://www.libregraphicsmeeting.org/

Framasoft, communauté, répertoire et documentation http://www.framasoft.net/

Code:Free magazine graphique http://chrisdesign.wordpress.com/codefree/

Pour finir Et puis, le papier et le crayon sont pas mal aussi, dans le genre libre ;-)

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Le projet Gutenberg est orphelin

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[Le texte reproduit ici est de Hervé Le Crosnier.]

Michael Hart est décédé le 6 septembre, à l’âge de 64 ans. Il restera dans l’histoire de la culture numérique comme le fondateur du « projet Gutenberg », un projet coopératif majeur datant des débuts de l’internet et ayant réussi à créer un gigantesque fonds de livres numérisés offerts en partage.

Il y a quarante ans, en juillet 1971, le jeune Michael Hart reçoit son sésame pour utiliser, en temps partagé, l’ordinateur Xerox de l’Université d’Illinois à Urbana-Champain. Peu versé sur le calcul, il se demande ce qu’il pourrait bien faire d’utile à la société à partir d’un tel outil, limité, n’utilisant qu’un jeu de caractères en capitales, et très lent en regard des ordinateurs d’aujourd’hui. Il utilisera son temps pour recopier la « Déclaration d’Indépendance » des États-Unis, en songeant aux idées de bibliothèques universelles lancées par les « pères fondateurs » de l’informatique, notamment Vannevar Bush, Joseph Licklider ou Ted Nelson. Le fichier pesait seulement 5 kilo-octets, mais il du renoncer à sa première idée d’envoyer le texte à la centaine d’usagers ayant une adresse sur Arpanet, car cela aurait bloqué tout le réseau. Il le mit donc en dépôt sur un serveur pour un libre téléchargement (sans lien hypertexte, une notion qui n’existait pas il y a quarante ans). Même s’ils ne furent que six à profiter de l’offre, on considère que le premier « livre électronique » du réseau informatique avait vu le jour. Ce fut d’ailleurs le livre numérique le plus cher de l’histoire, Michael Hart ayant un jour calculé une valeur approximative de son accès à l’ordinateur et l’évaluant à 1 million de dollars.

Michael Hart a continué sur sa lancée pour rendre disponible la plus grande quantité de livres possible. Même si les premiers textes étaient difficilement lisibles, sans typographie, en lettres capitales, sans mise en page,… il n’a jamais dévié de sa volonté de rendre les œuvres disponibles à tous. Pour cela, il s’appuyait sur une caractéristique essentielle du document numérique : la reproduction et la diffusion via le réseau ne coûte presque rien, et même de moins en moins quand les machines et les tuyaux deviennent plus performants. Comme il l’écrivait encore en juillet dernier, « à part l’air que nous respirons, les livres numériques sont la seule chose dont nous pouvons disposer à volonté ». Et il anticipait sur les usages à venir au delà de la lecture, comme l’analyse du texte, la comparaison de mots, la recherche par le contenu, l’établissement de correspondances ou les études linguistiques ou stylistiques assistées par l’ordinateur.

Longtemps son credo fut celui du « plain vanilla ascii », c’est à dire de refuser toute mise en page afin que les textes soient accessibles à toutes les machines, par tous les utilisateurs. Ceci conduisait les volontaires du projet Gutenberg à un codage particulier des accents, placés à côté de la lettre concernée. Mais sa méfiance devant HTML a disparu quand le web est devenu le principal outil de diffusion des écrits numériques : l’universalité passait dorénavant par le balisage, et l’utilisation de UTF-8, la norme de caractères qui permet d’écrire dans la plus grande partie des langues du monde.

Comme son projet, disons même sa vision, était généreuse et mobilisatrice ; comme il possédait un grand sens de la conviction et de l’organisation et proposait un discours radical, il a su regrouper des millions de volontaires pour l’accompagner dans sa tentative de numériser le savoir des livres. Des volontaires qui ont commencé par dactylographier les textes, puis utiliser scanner et reconnaissance de caractères, mais toujours incités à une relecture minutieuse. On est souvent de nos jours  ébahi devant les projets industriels de numérisation. Nous devrions plutôt réfléchir à la capacité offerte par la mobilisation coordonnée de millions de volontaires. Construire des communs ouverts au partage pour tous répond aux désirs de nombreuses personnes, qui peuvent participer, chacune à leur niveau, à la construction d’un ensemble qui les dépasse. Dans le magazine Searcher en 2002, Michael Hart considérait cette situation comme un véritable changement de paradigme : « il est dorénavant possible à une personne isolée dans son appartement de rendre disponible son livre favori à des millions d’autres. C’était tout simplement inimaginable auparavant ».

La volonté de Michael Hart lui a permis de poursuivre son grand œuvre tout au long de sa vie. S’il fallut attendre 1994 pour que le centième texte soit disponible (les Œuvres complètes de Shakespeare), trois ans plus tard la Divine Comédie de Dante fut le millième. Le projet Gutenberg, avec ses 37000 livres en 60 langues, est aujourd’hui une des sources principales de livres numériques gratuits diffusés sous les formats actuels (epub, mobi,…) pour les liseuses, les tablettes, les ordiphones, et bien évidemment le web. Les textes rassemblés et relus sont mis à disposition librement pour tout usage. La gratuité n’est alors qu’un des aspects de l’accès aux livres du projet Gutenberg : ils peuvent aussi être transmis, ré-édités, reformatés pour de nouveaux outils, utilisés dans l’enseignement ou en activités diverses… Le « domaine public » prend alors tout son sens : il ne s’agit pas de simplement garantir « l’accès », mais plus largement la ré-utilisation. Ce qui est aussi la meilleure façon de protéger l’accès « gratuit » : parmi les ré-utilisations, même si certaines sont commerciales parce qu’elles apportent une valeur ajoutée supplémentaire, il y en aura toujours au moins une qui visera à la simple diffusion. Une leçon à méditer pour toutes les institutions qui sont aujourd’hui en charge de rendre disponible auprès du public les œuvres du domaine public. La numérisation ne doit pas ajouter des barrières supplémentaires sur le texte pour tous les usages, y compris commerciaux… qui souvent offrent une meilleur « réhabilitation » d’œuvres classiques ou oubliées. Au moment où la British Library vient de signer un accord avec Google limitant certains usages des fichiers ainsi obtenus, où la Bibliothèque nationale de France ajoute une mention de « propriété » sur les œuvres numérisées à partir du domaine public et diffusées par Gallica… un tel rappel, qui fut la ligne de conduite permanente de Michael Hart, reste d’actualité.

Le caractère bien trempé de Michael Hart, sa puissance de travail et sa capacité à mobiliser des volontaires autour de lui restera dans notre souvenir. Les journaux qui ont annoncé son décès parlent à juste titre de « créateur du premier livre électronique ». C’est cependant réducteur. Il est surtout celui qui a remis le livre au cœur du modèle de partage du réseau internet. C’est la pleine conscience qu’il fallait protéger le domaine public de la création des nouvelles enclosures par la technique ou par les contrats commerciaux qui a animé la création du Projet Gutenberg. Michael Hart n’a cessé de défendre une vision du livre comme organisateur des échanges de savoirs et des émotions entre des individus, mobilisant pour cela des volontaires, le réseau de tout ceux qui aiment lire ou faire partager la lecture.

Caen, le 10 septembre 2011 Hervé Le Crosnier

Texte diffusé sous licence Creative commons

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Cinq années sans Jean-Paul

imageIl y a cinq ans aujourd’hui partait Jean-Paul Martin. Vous ne l’avez pas tous connu : curieux & intransigeant, mélomane & pirate respecté des artistes, qui venaient lui demander ses enregistrements après les concerts, collectionneurs de trucs en papier (journaux, tickets de métro), de vinyles et de sucres, correcteur-graphiste-typographe & pourtant secrétaire général à temps plein des Rencontres, etc.

Je me réveille avec un peu de spleen et une pensée pour lui. La petite confession : si je suis passé aux Rencontres de Lure du statuts « d’intervenant » à celui de « président », cela ne se serait pas fait sans que j’aie d’abord « flashé » sur lui. Ben oui, un lien d’amitié presque immédiat, intense et durable qui m’a retenu à Lure. Nous sommes partis à New York ensemble, et puis le cancer l’a emporté. Je pense aujourd’hui sérieusement que sans son réalisme et son exigence, l’association n’aurait pas survécu à la crise de la fin des 90’s. Tout le travail que j’ai fait depuis avec l’équipe : ouverture, délégation, transmission, exigence, esprit, etc. est né de nos discussions.

Et je retrouve dans mon blog-mémoire, une petite captation de la journée d’hommage que ses amis lui avaient rendu il y a presque 5 ans, aux instants chavirés en hiver : concerts expérimentaux, happenings, installations, et projections typo de ses recherches télématiques : http://www.polylogue.org/commentaires.php?id=73_0_1_0_C

et aussi : http://www.polylogue.org/commentaires.php?id=38_0_1_76_C

ou enfin portrait par Jef Tombeur sur le site du typographe : http://www.typographe.com/article/443/

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Les pieds dans la marge

une brève introduction aux Rencontres de Lure 2011, postée à chaud image (photocollage emprunté à Adeline Goyet) Les Rencontres de Lure connaissent cette année une affluence très forte avec environ 130 participants inscrits à la semaine. Chose que je n’ai pas vuedepuis que je les connais (13 ans cette année), et qui ne s’est probablement pas produite depuis une vingtaine d’années sinon plus.

Si nous sommes si nombreux, c’est sans doute parce que le thème de travail que notre équipe de programmation s’est donnée cette année, « à la marge » résonne en tous, et probablement de différentes manières. Cela n’a rien d’étonnant dans le contexte et l’environnement présent les métiers graphiques étant particulièrement en prise avec la réalité économique, sociale et surtout sémantique de leur temps qui redéfinit sans cesse les frontières et les marges.

Les pieds dans la marge

On pourrait croire que le mot qui compte ici c’est la « marge »… Espace blanc situé à l’extérieur du texte écrit, qui est en fait la limite protectrice et infranchissable, Sanctuaire silencieux qui sépare le monde des idées qui peuple la page et le monde réel qui environne ma lecture, une limite que Proust a tant aimé décrire et traverser sans cesse, relatant le dialogue imaginaire entre ses lectures et les lieux, les moments, les personnes, les paroles qui l’environnaient. Plaisir de la mémoire.

Cette marge c’est le lieu vierge que je peux activer, occuper, en y griffonnant mes gloses, idées, mes rêveries aussi cela devient le lieu de l’entrée, de l’input. C’est d’ailleurs le nom que l’on donne à l’entrée de la presse d’imprimerie : la marge, qui alimente la machine en feuilles de papier (la sortie : la recette).

Marge de manœuvre, marge de liberté, la marge est toujours un interstice étroit qu’on a tendance à négliger « en impression c’est le blanc qui coûte le plus cher » disait Raymond Gid ce pourquoi on en voit peu des marges. Elles se remplissent pour cause de marge bénéficiaire.

Aujourd’hui les marges sont le lieu de prédilection de ce qu’on appelle l’économie de l’attention. Elles se peuplent de publicités, ciblées en fonction du contenu de la page, des goûts présumés du lecteur (je me demande bien pourquoi le journal lemonde.fr fait clignoter sous mes yeux des soutiens gorge bien remplis et de la lingerie dans la marge de l’article que je lis #-)

La marge n’est plus un espace vide car la concurrence porte aujourd’hui sur le temps. Mon temps en l’occurence : dans l’économie de l’attention, le lecteur paye la gratuité avec son temps. Le fameux « temps de cerveau disponible ». Je ne sais pas ce que proust, si attentif au plaisir de la lecture dans ses marges en aurait pensé.

Dans cette surenchère surabondante de l’information, c’est donc évidemment l’inattention qui devient précieuse… protectrice. Mais qui m’isole doucement.

Marginal devient celui qui en faisant un pas de côté perd sa valeur immédiate : improductif dans le système de valeurs en place celui qu’on finit par repousser, marginaliser. La marge devient alors une frontière bien gardée qui isole les individus menaçants pour le système de valeurs. Au-delà de cette frontière : les confins de la civilisation zone trouble, inexplorée, inquiétante.

S’y trouvent peut-être ceux qui crééront la valeur demain, qui donnera le sens des choses, plus tard : les créateurs, les vrais. Car il faut passer par la marge, la franchir pour anticiper ou pour construire.

À Jean-Luc Godard qui n’avait pas reçu de prix à Cannes dans les années 80, son interviewer demandait : « n’êtes vous pas un cinéaste marginal ? » Il répondit simplement : « vous savez, dans les livres, ce sont les marges qui tiennent les pages. »

Mais peut-être alors, le mot qui compte dans « à la marge » est le À : cette petite préposition de lieu, qui nous situe qui nous y situe. Instant précieux d’isolement et d’exploration, ici et maintenant, puisque c’est de là que nous allons essayer de voir les choses cette semaine. Une manière de refaire le monde en typographie.

Le programme est dense : Nous avons quelques très grands noms du graphisme français comme Albert Boton, philippe Millot ou Étienne Robial, des représentants du graphisme contemporain international comme Yulia Brodskaya, Niklaus Troxler, Christian Schwartz, de plus jeunes talents à découvrir comme Tom Henni, Lucile Guigon, Camille Sherrer, Claire Bardaine, Heureux les cailloux, Alexandre Dios et Gael Etienne et des observateurs avisés comme Annick Lantenois, Laurent Lemire ou François Weil… plus de 30 (33 exactement) intervenants sur la semaine.

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Note marginale

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Écolier, au lieu d’écouter les maîtres, je remplissais les marges de mes cahiers à ma manière (dessins, griffonages, petites mots). J’ai appris à aimer cet espace parallèle, cette bande de liberté réservée. Ce no man’s land. Et ça continue. Cet été en tout cas, puisque c’est le cœur du sujet des Rencontres de Lure du 21 au 27 août.

« À la marge, ce qui est écrit à côté du texte, ou bien ce qui ne compte pas.
À la marge, celui qui alimente la machine à imprimer,
ou bien celui qui a fait un pas de côté, s’éloignant de la masse.
À la marge celui qui dessine au lieu de noter, celui qu’on finit par repousser,
ou celui qui donnera le sens des choses, plus tard.
Car c’est à la marge, qu’on trouve ce qui structure ce qui relie.
Ce qui déconstruit, ce qui explore. À la marge, le fond perdu.
Typographes, designers, artistes contemporains,
créateurs des médias numériques, auteurs et analystes
griffonnent leurs mots et leurs images, et refont le monde
aux Rencontres internationales de Lure du 21 au 27 août 2011″

On en apprend plus et on s’inscrit sur http://delure.org (avec une remise de 20% jusqu’au 14 juillet). Mais voilà déjà un peu comment ça se présente bien… On bosse dur pour ça ;-) – Titres provisoires.

  • Coup de bleu Promenade des évêques
  • Nicolas Taffin Présentation de la semaine
  • Mark Webster Processing@lure en images
  • Boule & Bal Le fameux gala de clôture
  • Frank Adebiaye VTF Le bénéfice du doute
  • Nawal Bakouri Conduire le regard
  • Claire Bardainne Récréations
  • Albert Boton Intégrale Boton
  • Yulia Brodskaya Dans les petits papiers
  • Alexia De Visscher Les plus beaux livres belges
  • Alexandre Dimos et Gaël Étienne 42 Belles feuilles
  • Damien Gautier Surveille tes marges
  • Lucille Guigon Garafond/bond/gond
  • Tom Henni Délivres
  • Evelyne Mary – Didier Mazellier Heureux les Cailloux Mon truc en plomb
  • Annick Lantenois Le vertige du funambule
  • Laurent Lemire Fous savants
  • Michel Melot La légende des images
  • Henri Merou Dans mes cahiers
  • Philippe Millot Pourquoi pas ?
  • Françoise Neveu Trois mots
  • David Rault Yves Perrousseaux tourne une page
  • Morgane Rebulard Polyglote
  • Étienne Robial Interviouve marginale baille Susanna Shannon
  • Camille Scherrer Sillons fertiles
  • Christian Schwartz type point com
  • Susanna Shannon Interviouve marginale de Étienne Robial
  • Susanna Stammbach Apprendre à voir
  • Éric Tabuchi Les marges invisibles
  • Jacques Thomas La graphique de Monsieur B.
  • Niklaus Troxler Affisuisse
  • Laurent Vannini Aux sources de l’utopie numérique
  • Vernissage Expo Prix Fernand Baudin
  • François Weil Une question d’échelle
  • Sam Winston A space between words
  • Jean-Philippe Zappa Culture papier
  • Coup de blues Le bilan de la semaine


Tout et plus ici : http://delure.org

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images : Merci Adeline Goyet et Jacques Thomas.