Instants chavirés

imageSur une bande DV, j’avais des petits fragments d’images gardés de la journée du 15 janvier 2006. J’ai enfin pris le temps de les assembler (en à peine mieux que bout à bout). Il n’y a pas tout, il n’y a pas tout le monde, c’est sombre, ça bouge, mais je crois qu’on sent quand même toute l’amitié qui animait cette après-midi d’hommage ou plutôt d’évocation de Jean-Paul Martin, par des concerts, des performances, des lectures, des souvenirs et projections. J’ai même l’impression qu’il est là et ça me fout le bourdon. Merci à Thierry et Li Ping, à Michel et Claire, à Esther à Nicolas B et surtout à Odile. Quelques détails plus bas.

Le « film » est tourné aux instants chavirés à Montreuil. Pour le voir, cliquer dessus, il est aussi possible de télécharger pour la conserver une version plus grande. Attention : 140 mégas. Pour mémoire, j’ajoute ci-dessous le message-programme de l’époque.

En hommage à Jean-Paul Martin, avec Odile, sa compagne, tous ses amis et In Ouïr (association dont Jean Paul fut le président depuis sa création en juillet 1997 jusqu’à sa disparition le vendredi 9 septembre 2005 durant la deuxième édition du festival « Ça vaut jamais le réel » qu’il a soutenu), un après-midi : le dimanche 15 janvier 2006 de 16h à 20h aux « Instants chavirés » 7, rue Richard Lenoir 93100 Montreuil. Métro Robespierre, en compagnie de tous, artistes typographistes, graphistes …

A cette occasion, ses amis réaliseront des performances (Esther Ferrer, Tom Johnson, Michel Vogel, jean-Pierre Goudard, Guillaume Orti…) des vidéos et travaux plastiques (Bruno Saulay…) et raviveront des expériences soutenues et coréalisées par Jean-Paul telles les premiers Romans télématiques, son insatiable travail d’édition et d’écriture savoir (revue Locus Pocus, Omnibus, Jazz Hot…), son travail associatif pour les « rencontres de Lure » et bien d’autres qui resurgiront. Une édition d’un travail typographique de Jean Paul sur des œuvres de Michel Vogel et Henri Michaux sera disponible.

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Une journée de culture Web

imageLe premier juin sera (pour nous du moins) une journée de réflexion et d’échanges sur les implications du numérique pour le patrimoine scientifique et culturel : La culture est elle soluble dans l’Internet ? Journée programmée et animée par Julien Masanès (European Web Archive) et Nicolas Taffin (Rencontres de Lure), le 1er juin à l’ENSAM, 151 boulevard de l’Hôpital, Paris 13e.

La base de documents numérisés Gallica à la BnF, les actions pilotes de l’INA, les initiatives de Google, le projet européen de numérisation, les publications scientifiques en ligne, les banques de données de cours et conférences enregistrés, l’encyclopédie Wikipedia : la numérisation et la mise à disposition, publique ou restreinte, sur Internet du patrimoine culturel, éducatif et scientifique a commencé. L’impact sur la diffusion de la culture est important : aspect massif de ces opérations, droits et protection de ce patrimoine, gestion documentaire associée accessible aux utilisateurs, nouvelles méthodes de travail pour les utilisateurs… Situer cette forme d’accès à la culture par rapport aux formes traditionnelles, faire le point sur les règles juridiques applicables, tenter un premier bilan sur les retours d’expérience, réfléchir aux implications pour les organismes éducatifs et scientifiques de l’Association Aristote : autant de thèmes qui – parmi d’autres – seront abordés dans ce séminaire, qui se veut plus stratégique et sociétal que technique..

Ce séminaire (payant et même onéreux) est retransmis en direct sur Renater et l’Internet, en visioconférence sur IP multicast et également en streaming : détails ici et programme détaillé ci après : Programme du 1er juin 2006 à l’ENSAM, 151 boulevard de l’Hôpital, Paris 13e. La culture est elle soluble dans l’Internet ? les implications du numérique pour le patrimoine scientifique et culturel.

8h45 Accueil, introduction et présentation de la journée par les organisateurs du séminaire

9h45 L’internet et la circulation de la culture par Yves Jeanneret, Professeur des Universités, Professeur à l’université Paris-Sorbonne (Paris 4), CELSA

10h30 La numérisation de l’industrie du disque: une perspective économique par François Moreau, Maître de conférences en sciences économiques (CNAM))

11h30 Table ronde : vers un accès universel au savoir : les initiatives de numérisation en masse et l’évolution des moteurs de recherche Sébastien Gilles, directeur scientifique, LTU Technologies, membre de Quaero, Didier Giraud, INA, Julien Masanès, directeur, European Archive, member de l’Open Content Alliance, Bibliothèque Numérique Européenne (à confirmer), Google Print (à confirmer).

13h45 Droit des échanges, droit à l’échange par Hervé Le Crosnier, Maître de conférences à l’Université de Caen.

14h30 Creative Commons : des contrats de droit d’auteur flexibles pour un accès ouvert à la connaissance par François Déchelle, Creative Commons France.

15h00 La culture dans le bocal: design et accès à la culture par Nicolas Taffin (Animateur des Rencontres de Lure, éditeur, designer)

15h30 Un colloque sur le Web : une règle du jeu à inventer? par Agnès Camus-Vigué et Françoise Gaudet, service Etudes et Recherche de la Bibliothèque publique d’information.

16h00 The Interaction Museum, la recherche au contact du public par Michel Beaudouin-Lafon, directeur du LRI, Wendy E. Mackay, INRIA.

16h45 – 17h15 Questions et échange avec le public Débat animé par les organisateurs.

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Amour d’été

Amour d’été à Lurs, Alpes de Haute Provence, encore. Nous bouclons en ce moment le programme de ces inoxydables Rencontres internationales de Lure. En voici tous chauds les premiers éléments sûrs, en attendant les résumés des interventions qui vont arriver au fil de l’eau sur le site des Rencontres.

L’écrit d’amour du 20 au 26 août 2006 Le livre, la page, le signe, objets de raison comme de passions déraisonnées. Existe-t-il une communication sans désir ? Le vocabulaire amoureux des arts graphiques nous rappelle à la chair des signes et à la tension désirante qui tiraille le typographe dans son travail de liaison. Exploration pluridisciplinaire de l’ivresse et des transports (voire de l’extase) graphiques à Lurs (Alpes de Haute-Provence) du 20 au 26 août 2006. Avec typographes, graphistes, historiens, auteurs, et surprises de taille.

imageavec : Perinne Rouillon, Rudi Meyer, Peter Bil’ak, Yves Perrousseaux, Monsieur Obertelli, Marc Kopylov, Eric Kindel, Jean-François Porchez, Fred Smeijers, Michel Melot, Claude-Laurent François, Anne et Patrick Poirier, Malte Martin, une revue de web, une exposition Excoffon et plus.

On peut déjà télécharger un formulaire de préinscription en PDF en attendant le programme complet et l’inscripton en ligne. Le flyer fleuri est de Miss Adeline Goyet.

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Graphisme pensant

imageAu départ, c’est plutôt intrigant (cliquer sur le livre pour le feuilleter), puis quand elle commence à raconter ses fresques pensantes, ça devient franchement passionnant : Charlotte Jankowski élabore un langage visuel symbolique pour les grands concepts fondateurs des sciences humaines. Une rencontre visuelle avec la pensée en construction de la sociologie, de la psychanalyse, de l’anthropologie médiatisée par une personnalité passionnée qui souhaite ouvrir son projet à la discussion. S’il te plaît, dessine-moi un œdipe… Un Rendez-vous de Lure, jeudi 18 mai à 19h, Galerie Anatome*.

Il est des livres qu’on n’oublie pas parce qu’ils nous touchent, et d’autres tout simplement parce qu’ils forment notre esprit et éclairent le monde. Certains réalisent le double exploit, comme ceux des pères fondateurs des sciences humaines, toujours actuels, toujours stimulants, Émile Durkheim, Sigmund Freud, Max Weber, Bronislaw Malinowski, par exemple, ou plus récemment Pierre Bourdieu, refondateur à sa manière de la sociologie. Charlotte Jankowski a entrepris de leur dédier un livre de grand format (unique à cette date, pour son diplôme de l’ESAG), une somme de travail qui modélise les grands concepts de ces auteurs au moyen d’un langage symbolique modulaire.

Sociographie passe ainsi par trois grandes étapes : tout d’abord la constitution argumentée d’un ensemble de symboles, où l’on retrouve l’influence de la réflexion d’Adrian Frutiger sur les signes de l’humanité. Cet ensemble se spécialise, se développe et se nuance ensuite en traversant l’œuvre des auteurs (Durkheim, Weber, Freud, Malinowski et Bourdieu) dont il met en scène les théories. Enfin, de grands synoptiques à l’esthétique surprenante proposent des interprétations thématiques et des possibilités de mise en œuvre de cet outillage graphique. Ça se regarde et ça se raconte (du moins Charlotte Jankowski le fait-elle très bien…)

Ce travail fait partie des recherches graphiques qui suscitent l’espoir que la publicité de la société de consommation ne constituera pas la seule forme d’expression du graphiste. Une question d’ailleurs indirectement posée par cette graphiste-chercheuse qui souhaite enrichir son travail par la rencontre du public.

Charlotte Jankowski, née en 1979, est graphiste à Paris. Elle a suivi un double cursus à l’université (sociologie et histoire de l’art) avant de poursuivre ses études à l’ESAG Penninghen. Son projet de fin d’études, Sociographie – un langage visuel pour les sciences sociales, lui a valu la mention excellent pour son diplôme de graphiste concepteur. http://www.charlottejankowski.com

(*Rendez-vous de Lure jeudi 18 mai à 19h Galerie Anatome, 38 rue Sedaine, 75011 Paris – métro Bréguet-Sabin ou Bastille).