YouTube, le web comme la télé au bon vieux temps du général.

imageVous avez déjà vu dans bien des blogs (pas ici :-) des vidéos avec un gros bouton play au centre et un logo « youTube » en bas. On les voit partout, souvent les mêmes partout d’ailleurs ;-) Symmmpaaa, hein ? Sympa ??

Etienne Mineur dans son blog hautement recommandable en avait publié une vraiment rigolote ici. Je l’aimais bien cette vidéo, je suis revenu pour la revoir sur le blog d’Étienne et, eh bien, elle lui a été retirée (il constate après coup : « visiblement le réalisateur de la première vidéo, Guillaume Reymond, a stoppé la diffusion par YouTube et DailyMotion de sa vidéo. Dommage, ça lui faisait pas mal de promotion (encore un furieux du CopyRight;-)…« ). Putain : Mineur censuré pour abus de space invaders !!! Circonstance aggravante : insertion d’objet flash abusif.

Une vidéo retirée sans aucune explication claire en fait (hypothétiquement donc à la demande de son auteur), et dont la censure se répercute ainsi instantanément et effectivement de blog en blog, exactement à l’inverse de ce qu’est le web (un fichier est censuré sur un site, le voici sur un autre). Un message monstrueusement hypocrite (agrandir l’image) de Daily motion, écran noir qui censure et s’excuse en même temps, tout en se référant à une « politique » de contenu sans plus de précision… Mais c’est-y-pas un vrai signe de la mutation du web en media de type broadcast et du pouvoir de ces sociétés sur la blogosphère ça ? Quel est le statut de cet article de blog illustré, et qu’est-ce qu’un document ainsi contrôlable et modifiable par un tiers ? Il serait moins choquant selon moi que le blog renvoie par un lien à une page où l’on peut voir la vidéo, et que ce lien se trouve rompu ou remplacé par une explication.

Par ailleurs, pour ceux qui lisent l’anglais, il est intéressant de voir que par leur conditions d’utilisation (que je suis évidemment forcé d’accepter pour y placer une vidéo), il semble que je cède la propriété pleine et entière de mes créations (qu’ils appellent si joliment contenus) à la firme qui édite Youtube (lire l’article de boing boing) qui se réserve le droit de les exploiter commercialement. Aussi répugnant que séduisant ce web 2.0, non ?

Voilà pourquoi je n’aime vraiment pas, mais alors vraiment pas, la vidéo flash qui permet les « youtube » et « dailymotion » et la centralisation « live ». Distribuons donc des fichiers mpg archivables et lisibles par tous, et multiplions-les. L’espace disque ne manque pas, la bande passante non plus. Mettez donc vos photos sur flickr, vous verrez bien ce qu’ils en feront, avec ou sans vous…

Allez, sans rancune, une petite vidéo surprise pour le fun !

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L’âme des pages (1)

imagePendant que comme de nombreux « webdesigners », on s’interroge sur le devenir des formats d’écran et les sites qui prennent de la largeur pour passer en gros au 1024 pixels de large (voir la nouvelle formule de Libération par exemple et les articles de Vincent Le Moign ou Laurent Goffin), je découvre via AEIOU ce site étonnant imaginant un web fantôme.

Dire que je me fatiguais depuis des années à faire des captures d’écran et à établir une typologie des sites internet, alors que le vide établi par Mark Callahan et son Internet Soul Portraits est si éloquent (même si ce travail ne concerne que les gros du web 2.0). Quelque part, en associant les deux éléments, ça me confirme dans l’idée que les nouvelles formules ne sont pas si nouvelles, on connaît bien ça dans la presse, qu’elles sont motivées essentiellement par la volonté de diversifier les produits publicitaires, et que sur le web cela augure d’une invasion prochaine d’image et d’animation agressivement commerciales. Il semble clair que le tandem industriels-médias pousse dans cette direction afin de mieux concurrencer les supports traditionnels sur le terrain de la pub, internet représentant déjà plus de 7% du marché de la publicité.

En étant moins pessimiste, je peux tout de même confirmer que je ne suis pas fan de ce format, que ce soit sur mon petit écran de portable, qui devient exigü, ou même sur le géant-panoramique sur lequel je travaille avec plusieurs documents côte-à-côte. Est-ce par conservatisme ? Peut-être, c’est certainement aussi parce que ma culture est plus celle de la typographie que de l’image (dont je veux bien admettre qu’elle n’a jamais assez de place), et que des colonnes multiples ou des justifications de texte trop longues ne sont pas un gain pour la lisibilité ou la hiérarchisation de l’information.

Dans l’attente d’autres arguments convaincants, bien-entendu…

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ASCII ART

image Je cherchais une occasion de renouer avec l’ASCII ART, c’est chose faite grâce au petit logiciel remarquablement efficace emaileffects de Gideon Greenspan (qui développe d’ailleurs d’autres outils intéressants pour mac).

Produisant des images pour typiquement pour nostalgiques du terminal noir aux lettres vertes des premiers micros (avant que le mac et son « infame » mode pixel n’inverse la vidéo en affichant un écran blanc) et de l’impression matricielle, ceux-là même qui apprécient le « cultissime » Deep ASCII, de l’ASCII art ensemble (version intégrale en mode texte du film gorge profonde !) et considèrent déjà le télétexte comme une dérive ;-)

Nos productions seront plus sages, elles marqueront des respirations entre les chapitres, en voici trois en guise d’autres indices de notre prochaine publication. Reconnaissez-vous tout le monde ? La typographie est le BitStream Vera mono, créé pour Linux (fondation gnome). Un, deux, trois (pdf encore plus beaux imprimés et en plissant les yeux :-).

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Filosofie

imageLa typographie est vraiment une matière vivante et qui aime dialoguer. Ça c’est plaisant. Je m’émerveille encore une fois sur la capacité, au cours du travail de mise en page, à transformer une typographie, à l’assagir, ou à la révéler – c’est patent avec le déjà vieux (!) filosofia de Zuzana Licko qui peut passer d’un rythme un peu binaire de didone (trop lettre à lettre) à plus de douceur et de lisibilité, en détachant mieux la silhouette des mots, par les réglages de la justification et de l’interlignage. Même si ses références et sa connotation convenaient, je ne pensais pas que ce serait un bon choix pour notre prochain livre C&F, car fatigante au long cours et trop rigide ; avec un peu de patience, il me semble avoir négocié avec le caractère, pour obtenir de lui ce que je désirais.

J’oubliais de dire quel serait notre prochain livre… allez encore un peu de patience, ils sort en septembre. Il y a un indice dans l’image. Nous sommes très fiers et heureux d’avoir signé avec cet auteur.

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Là-bas si je n’y suis plus [màJ]

image [m-à-j] Un petit son volé sur le répondeur de Mermet, qui dit tout pour ceux qui ont la flemme de lire plus, et qui rappelle des souvenirs de lycéen :-) la pétition est en fin d’article (pour les mêmes). [/ m-à-j]

C’était la dernière. La dernière émission de radio que j’écoutais (la télé est éteinte depuis un bail). Il m’est arrivé de citer ici, comme sûrement beaucoup d’autres, l’émission de Daniel Mermet « Là-bas si j’y suis » (dont le site internet est également exemplaire – pas graphiquement, certes – mais au niveau de ses contenus – toutes les émissions, rien que ça, documentées et discutées, et des accès qu’il ouvre dessus – mp3, podcast, ogg, player java, etc.). Elle n’a pas encore disparu, mais apparemment c’est prévu.

Ouverte sur le monde, sur les gens, poétique, érotique, surprenante, révoltante. De la radio qui réveille, infinie. Service public de l’intelligence, de l’attention et de la curiosité. Évidemment, elle ne pouvait pas durer, pas dans l’esprit qui s’est installé chez nous. Eh bien la voici endormie : elle sautera à la rentrée prochaine.

Un paragraphe à ne pas lire : moi-même je n’ai pas envie de l’écrire, pas envie de râler, ni de me plaindre. J’ai été éduqué, façonné à l’écoute de la radio et de la télévision publique. FIP pour la musique, France Inter pour l’écoute, et le ciné-club d’Antenne 2 et le cinéma de minuit de FR3. C’étaient les rendez-vous de mon plaisir. De ceux qui font payer sans rancune la redevance audiovisuelle. Je faisais ainsi partie d’une audience « captive » qu’il était si facile de conserver de développer. Une vraie « cible ». Et non, à vouloir gagner de l’audience, on préfère commencer par se la saborder. Le service dit « public » ne fait plus que singer la nauséabonde TFI, et asséner ces Talkshows et jeux bas de gamme. Seul problème, à faire ainsi les mass media perdent tout, ils le savent, mais n’ont pas encore décidé de faire marche arrière et de revenir à un peu d’intelligence pour remonter. Merci les sociétés d’études de marché ! Il nous reste Arte avec ses alternances de docu sur Staline et Hitler :-)

Et il nous reste, en plus du travail, eh bien… à travailler encore pour construire nos médias, explorer les outils (électroniques ou sociaux) qui nous permettent de le faire. On n’en est pas forcément fous, mais a-t-on le choix ? Il nous reste à lire, à échanger, à organiser des rencontres, des événements, des ciné clubs pirates et out ce qui va devenir illégal en somme (se prêter un livre par exemple) ? pourquoi pas ? Bref à faire ce que nous aurions aimé voir, produire ce que nous souhaitions consommer, dans la solidarité et le bénévolat.

Le pire, au fond, c’est qu’on m’oblige ainsi à parler et à me sentir comme un vieux con. Déjà. Pour cela, « qu’ils crèvent », disait le professeur Choron.

Une pétition, vaine ou pas, à signer de toute façon ici : http://petition.la-bas.org/, pour soutenir le remarquable Daniel Mermet et son équipe.

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